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160e anniversaire de l’abolition de l’esclavage
13-05-2008 14:43:58
Le Président de la République commémora cet anniversaire au jardin du Luxembourg en évoquant la « souffrance que l’esclavage a engendré, les blessures qu’il a laissées dans l’âme » et appelait à regarder « de façon lucide et apaisée » ce chapitre sombre de l’histoire de France.
Les associations noires de France (80 000 personnes) ont défilé à Paris et ont dénoncé la persistance de « préjugés », 160 ans après l’abolition de l’esclavage. « Il ne faut pas attendre 160 ans pour s’occuper des gens qui souffrent aujourd’hui » déclarait Patrick Lozès, président du Cran.
A Toulouse : le Préfet, le Conseil Régional, le Conseil Général et les associations noires représentées par la Maison de l’Afrique à Toulouse et le Cran Midi Pyrénées, déposèrent des gerbes en mémoire des victimes de la Traite au jardin Compans Cafarelli.
En hommage à Aimé Césaire, la lecture de quelques un de ses textes fut faite par des enfants devant un public receuilli et touché par sa disparition récente.
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KAFRITUDE
18-04-2008 10:04:39
KAFRITUDE
Hommage à Aimé Césaire.
Le nègre n’est plus, mais la négritude a encore de beaux jours devant elle.
Le combat des noirs continue et la relève au niveau des nouvelles générations est assurée.
Même si ces personnes n’ont pas la même notoriété qu’un Césaire ou qu’un Senghor, les noirs de France se font entendre et on parle d’eux. Leur combat, dans la continuité de celui de Césaire, donne des résultats. Les noirs sont de plus en plus visibles dans les média, au gouvernement, dans les collectivités territoriales… Ils s’expriment de plus en plus, dans le milieu musical, littéraire, théatrâle, cinématographique…
Fèt’Kaf : la fète des noirs venus de la cafrerie.
Le mot Kaf à la Réunion est utilisé pour dire qu’une personne est noire.
Au fil du temps, tout le monde est devenu « kaf ». « Mon p’tit kaf » est utilisé affectueusement pour un jeune garçon à qui on s’adresse. « Mon kaf » pour un homme, « mon kafrine » ou « kafrine » pour une fille, une femme. Le « kaf » est celui pour qui on éprouve de la sympathie, de l’affection, de l’amour …
Aimé Césaire a donné naissance à la négritude et nous lui en sommes infiniment reconnaissants.
La kafritude prend naissance et puise sa source dans la négritude et devient universelle puisque l’expression «mon kaf » se dit à la Réunion, aussi bien à propos d’un jeune noir, blanc, ou métissé. Idem pour kafrine.
L’utilisation du mot kaf rend au noir ce qui revient au noir : l’Afrique est le berceau du monde et à bien y réfléchir, tous les êtres humains ont du noir en eux.
Ainsi, utiliser « mon kaf » affectueusement pour une personne quel que soit la couleur de sa peau prend toute sa signification.
Nègre je suis, nègre, je resterai.
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Véronique Alhoune
13-04-2008 22:30:56
Je suis membre de Toulangues. http://www.toulangues.org/welcome/index.php
Je suis métissée, je ne suis pas unique en mon genre ! À la Réunion, nous sommes tous plus ou moins métissés et ce métissage remonte au début de la colonisation et du peuplement de l’île. Je suis un mélange de malgache, français et indien.
Ma langue maternelle, le créole réunionnais est aussi un mélange de mots français, malgache, breton …
Je parle le créole, mais comme j’ai quitté l’île depuis une vingtaine d’année, le créole dont je parle a évoluer avec moi. Quand je retourne à la Réunion, quand je fais ce retour aux sources de ma langue maternelle, je me gave de mots anciens, oubliés de moi et utilisés par ceux qui n’ont jamais quitté leur île. Ils ont cette chance d’être en contact permanent, d’être en immersion totale dans l’océan de mots créé par nos ancêtres. C’est un réel plaisir que de s’y plonger, de se baigner à nouveau dans ce lagon et de se ressourcer. Cela fait un bien immense de parler, de converser, d’utiliser des mots qui prennent tout leur sens au contact de personnes qui écoutent et comprennent. Toute seule, chez moi, je peux aussi parler le créole. Je peux parler à des « zoreils » novices, curieux d’entendre cet amalgame de mots sans trop comprendre le sens profond. Parler une langue, c’est surtout se faire comprendre, avoir une écoute. La qualité de l’écoute est importante. Puis viens l’échange. On s’enrichit les uns les autres. Les autres s’enrichissent de ma façon de parler quand je repars sur mon île. Ils s’enrichissent aussi de la radio, de la télévision, des autres langues de gens de passages, des langues apprises au collège, au lycée, à l’université. C’est le va et vient incessant de la vague sur le rivage d’une langue qui ne cesse de prendre au passé, au présent et au futur.
Au présent, ma langue, c’est celle que je parle avec le vocabulaire enrichi de mon expérience. Au passé, c’est ce que je reprends auprès des autochtones. Au futur, ce sont les mots inventés par les adolescents, les mots d’autres langues qui viennent s’y ajouter.
Une langue vit. Une langue vivante a un passé, un présent et un avenir. C’est bien d’avoir une grammaire, une base. À partir de cette base, on évolue. L’évolution se fait malgré nous. L’évolution se fait au contact d’autres langues, d’autres personnes. La roue tourne en permanence.
Écrire ma langue, pour moi c’est quelque chose de personnel. Mi écri comme mi entend, mi entend comme i vient. Mi écrit avec c, avec k, mi écrit momon, mi écrit maman. Lo grammèr ec lo dictionèr la arriv’ après moin. Kan band la zot la fabric tou sa moin té déjà né. Moin té écri déjà mon fason… L’écriture créole pour moi est quelque chose de nouveau. Quelque chose qui a été instauré bien après ma naissance. C’est compliqué pour moi d’apprendre à écrire le créole comme i faut.
C’est plus facile pour quelqu’un qui n’a jamais été en contact avec cette langue, qui apprend tout de a à k à z d’écrire le Créole réunionnais comme il se doit. On n’arrête pas le progrès !
Il y a ceux qui, sans être créoles, apprennent à écrire et à parler d’une façon officielle et ceux qui le parlent et l’écrivent d’une façon vernaculaire. La rencontre de ces deux populations fera évoluer le Créole réunionnais.
A moins que ce monde, de plus en plus élitiste, ne finisse par rejeter le créole au fin fond de son double illettrisme (en langues Française et Créole) face à des docteurs et des professeurs en littérature qui, seuls, garderons le monopole de l'expression.Je n'ai rien contre eux, j'en ai épousé un. J.P. Sartre disait lors d'un discours Rue Bonaparte en mai 1968 :"Il y a 50 ans que le peuple et les intellectuels sont séparés. Il faut qu'ils ne fassent plus qu'un". En 2008, nous savons que les intellectuels se trouvent dans le peuple, il faut les laisser s'exprimer ! Voilà pourquoi je soutiens Publibook et les nouvelles maisons d'édition qui permettent à chacun d'écrire et de se faire lire. Les auteurs en herbe sont de plus en plus nombreux. Il faut un espace d'expression pour chacun. Merci internet, grâce aux blogs le peuple peut écrire. Pouvoir s'exprimer est vital. Quel que soit la langue dans laquelle on s'exprime. Surtout : gardons nos patois, nos langues régionales... ils font notre identité. Grâce à internet, nous pouvons apprendre des langues. Aussi, pour apprendre le créole réunionnais, il suffit d'aller sur
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cr%C3%A9ole_r%C3%A9unionnais
http://www.creole.org/dictionnaire_creole.htm
http://www.tlfq.ulaval.ca/AXL/AFRIQUE/reunion.htm
et de créer des rencontres avec des personnes qui parlent le créole afin de le pratiquer.
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Dernier livre paru :
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Fèt' Kaf
Roman
A travers l’itinéraire de Fê’Kaf, on découvre la vie d’un jeune réunionnais né dans les années 30, de l’enfance à la vieillesse en passant par le mariage et la vie de famille, l’épreuve du chômage et le mode de vie créole. Car les beaux paysages de la Réunion ont aussi été il y a plusieurs siècles le théâtre du pire des avilissements : l’esclavage. En mémoire de tous ceux que le sang africain a condamné au pire, Véronique Alhoune restitue à travers ce personnage emblématique le combat de toute une génération.
Version papier : 13,00 € / 104 pages
Version pdf : 6,49 €
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